La Gazette Lorraine - La revue du patrimoine et de l'environnement

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édito

Jeu et Patrimoine

Stéphane Bern, désigné Monsieur Patrimoine, vient de lancer la deuxième édition de son Loto du patrimoine et mobilise les médias pour cette grande cause. On ne peut que s’en réjouir.

Personnalité appréciée des Français et des têtes couronnées, amuseur public et producteur avisé du monde de l’audiovisuel, il participe activement à la société du spectacle dont les travers ont été théorisés par Guy Debord. Il utilise aujourd’hui ses talents pour convaincre nos concitoyens de participer financièrement à la sauvegarde de notre patrimoine commun.
Son idée n’est pas neuve. La loterie est un jeu apprécié depuis longtemps (elle s’est pratiquée partout et à toutes les époques depuis... le Keno auquel jouaient les chinois de la dynastie des Han, entre 205 et 187 avant Jésus-Christ), qui utilise le hasard et les lois de la probabilité pour faire croire à une fortune facile et rêver à une vie meilleure. Pourquoi s’en priver effectivement ?
L’animateur de la Mission du patrimoine éreinte parfois l’administration fiscale qui taxe “le loto” et défend en cela les intérêts des projets qu’il soutient. Certes. Mais, par ces propos, c’est aussi entretenir l’idée que l’impôt n’est ni juste, ni utile... ce qui est quel­que peu démagogique. Car sans impôts, pas d’État, pas de service public, pas de redistribution sociale ni de solidarité. Point non plus d’accompagnement ni de soutien aux politiques de restauration du patrimoine qui s’élèvent, dans la loi de finances 2018, à quelque 456 millions d’euros !
On peut critiquer la lourdeur des administrations, la complexité des modes d’accompagnement... Mais ceux-ci sont aussi et heureusement organisés pour pouvoir rendre compte de l’utilisation des deniers publics.
L’accompagnement financier, offert grâce à la collecte du Loto du patrimoine, s’ajoute semble-t-il durablement à celui des fondations et organismes privés et publics, au premier rang desquels la Fondation du patrimoine, qui effectuent un travail remarqua­ble dans l’ensemble du territoire et notamment les territoires ruraux...
Eh oui, l’impôt et la puissance publique restent nécessaires pour la sauvegarde et la valorisation de notre patrimoine commun. Et toutes les solutions ne se résumeront pas à un jeu...

Stéphane Wieser

Livre

Fastes de cour
Costumes de Ballange et Berrain au XVIIème siècle
Fastes de cour Costumes de Ballange et Berrain au XVIIème siècle

Cet ouvrage présente pour la première fois le précieux contenu d’un portefeuille acquis en 1854 par le duc d’Aumale, conservé au musée Condé de Chantilly. Vingt-trois dessins exceptionnels de Jacques Bellange (v. 1575 - 1616) et une série de trente-quatre estampes au trait de Jean Berain (1640-1711), avec rehauts d’aquarelle, d’or et d’argent, évoquent les fastes des cours de Lorraine et de France du début à la fin du XVIIe siècle. La richesse, la variété, la fantaisie et l’extrême raffinement de cet ensemble illustrent ce qui devient dès lors, dans le domaine des spectacles, une véritable spécialité française : celle du costume de ballet, de carrousel et d’opéra. Complétées par des prêts de la collection Edmond de Rothschild du musée du Louvre et d’autres institutions, ces oeuvres graphiques permettent de comprendre comment cet art exercé avec tant de talent à Nancy par Bellange a pu conduire son compatriote Berain à exceller plus tard, sous le règne de Louis XIV, dans les habits des divertissements des résidences royales.

en souscription jusqu'au 15 avril au prix de 39 € / www.editions-monelle-hayot.com


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